La mise en valeur de notre patrimoine, un facteur de développement économique de nos communautés

Les autorités tant de la MRC de Coaticook que des municipalités ont, au cours des dernières années, reconnu la forte présence de témoins historiques et patrimoniaux religieux, industriels et agricoles sur notre territoire. Notre patrimoine paysager et bâti est aujourd’hui identifié. Il faut maintenant mieux le faire connaître et le mettre en valeur pour qu’il devienne un facteur de développement économique au profit de toute la communauté.

La mise en valeur de notre richesse patrimoniale régionale est un des prochains défis. Non pas que rien n’a été fait à ce jour, au contraire. La conversion de l’église Sisco Memorial en Pavillon des Arts et celle de l’ancienne gare de Coaticook en espace d’affaires méritent d’être soulignées. La désignation de la zone patrimoniale autour de Way’s Mills, un des hameaux de Barnston-Ouest, la découverte du Mont Hereford sous la gestion des municipalités d’East Hereford et de St- Herménégilde et la création du sentier Poétique et de l’église- musée de St-Venant-de- Paquette qui mettent à l’honneur la sculpture et les mots, sont autant de façons de faire connaître et de mettre en valeur notre patrimoine bâti et naturel. Ce sont là des initiatives très intéressantes.

Le moment est peut-être venu d’approcher la mise en valeur avec une vision stratégique pour lui conférer une dimension économique régionale. Les initiatives des uns et des autres sont essentielles, mais ne devient-il pas nécessaire de les coordonner dans une perspective de développement économique régional ? Faire de la Vallée de la Coaticook, une région connue et reconnue pour son patrimoine paysager et bâti tout comme elle l’est devenue pour ses saveurs régionales. Le succès des Comptonales est à cet égard un modèle inspirant.

Trois stratégies devront être définies et mises en œuvre. Elles ont trait à l’animation du patrimoine, à son développement sous forme de réseaux ainsi qu’à la recherche de financement pour restaurer et entretenir les actifs patrimoniaux.

L’animation est une activité incontournable d’une stratégie de mise en valeur. L’animation est une façon de rejoindre les intérêts des uns et des autres dans ce qui peut les toucher intimement. Voilà un excellent moyen pour rassembler, sensibiliser, impliquer la population et lui donner envie de s’engager activement dans la vie communautaire.

Qui ne s’est pas cogné le nez sur la porte barrée d’une des belles églises qui jalonnent nos chemins ? Qui n’a pas arpenté l’un de nos cimetières perdus sur une colline, à la recherche de ses ancêtres et de quelques explications supplémentaires sur les sépultures ? Qui ne s’est pas interrogé sur l’utilisation encore aujourd’hui, de ces croix de chemin qui marquent visuellement nos territoires ? L’animation permet de mieux faire connaître un produit touristique. Notre patrimoine a cette qualité et cette excellence. Encore faut-il l’animer à travers un contenu de qualité.

La mise en réseaux est essentielle pour maximiser l’attrait des « produits touristiques patrimoniaux » et adopter des programmes promotionnels de plus grande envergure. La Vallée de la Coaticook ne pourra positionner son patrimoine naturel et bâti dans un marché de niche que si on renforce l’attrait de nos sites et qu’on leur donne une valeur ajoutée lors de leur découverte par un touriste. Un site seul peut difficilement réussir cette démarche. La mise en réseaux sous forme de circuits balisés, clairement identifiés et faisant l’objet de campagnes promotionnelles est un gage de succès. La Voie des Pionniers avec ses 22 personnages historiques qui signalent la force de caractère des anciens, en est une preuve. Le visiteur découvre les sites et peut ainsi établir un lien fort entre un personnage, un paysage et l’histoire.

Que dire d’un circuit – découverte de nos vieilles églises qui, de Way’s Mills à St- Malo raconterait l’histoire des pionniers, l’appropriation du territoire par les différentes congrégations religieuses et l’art des artisans qui ont façonné ces bâtiments à l’architecture remarquable. Il y aura sûrement des visiteurs qui, amoureux de l’histoire et de l’architecture, seront prêts à découvrir un autre visage de la Vallée de la Coaticook.

Et nos cimetières tant protestants que catholiques, qui par leurs monuments, leurs décorations et leur implantation, sont de véritables livres généalogiques, rappelant l’identité et la filiation des familles des plus jeunes et des plus vieux. Nombreux sont ceux qui s’arrêtent le long d’un chemin pour y retrouver une trace familiale et un nom qui témoigne d’une existence passée. Mais encore faut-il que nos cimetières soient annoncés et que leurs richesses soient mises en lumière.

Les circuits de randonnée pédestre et cycliste le long de nos chemins de campagne sont des attraits en autant qu’ils soient identifiés, balisés et annoncés. Que dire des ornithologues à la recherche de la tranquillité pour mieux observer la faune ailée au mont Pinacle ou au mont Hereford ou encore, dans les marais de la Niger ou de la Méder. Pour attirer les uns et les autres, il n’y a véritablement qu’une stratégie, celle de la mise en réseaux.

La recherche de financement pour restaurer et maintenir nos actifs patrimoniaux n’est pas un mince objectif. Les programmes de financement mis de l’avant par les gouvernements sont complexes. Les demandes de financement auprès des organismes tant publics que privés et la gestion des sommes obtenues exigent des efforts que les bénévoles peuvent difficilement consentir. Ces tâches deviennent la responsabilité de quelques-uns plus familiers des formulaires et doués pour « jouer » avec les mots.

Déjà le milieu, en collaboration avec le Ministère de la Culture et des Communications du Québec, s’est doté d’un Fonds d’urgence du patrimoine religieux pour répondre aux besoins les plus pressants. Malgré la simplicité des mécanismes de demande et de reddition des comptes, le Fonds est présentement moins sollicité que ce qui avait été escompté lors de sa création. Pourquoi ?

Faudrait-il envisager la mise sur pied d’un centre d’information et de formation sur les sources de financement des gouvernements fédéral et québécois ainsi que des organismes privés qui ont pour objet la mise en valeur du patrimoine paysager et bâti ? Que penser d’un centre qui serait non seulement un lieu d’échanges pour identifier les sources de financement, mais qui offrirait aussi un mécanisme d’accompagnement des organismes locaux qui font des demandes et ont éventuellement à rendre compte de l’utilisation des montants accordés ? Il faut se donner une stratégie régionale quant au financement de la mise en valeur et de l’entretien du patrimoine.

La protection et la mise en valeur de notre patrimoine paysager et bâti sont des responsabilités collectives qui pour le moment, reposent trop souvent sur les épaules de bénévoles démunis devant le travail à accomplir. Il faut s’outiller correctement pour maximiser les retombées économiques pour nos communautés.

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