Survol historique religieux de la région de Coaticook Première partie : L’ère pionnière (1792-1850)

par Karl Bourassa, historien

La région de Coaticook, tout comme la majeure partie des Cantons-de-l’Est, a été colonisée par des Américains et des Britanniques. Cette particularité de notre région explique pourquoi nous y retrouvons autant d’églises protestantes de plusieurs confessions différentes.

L’arrivée des différentes confessions suit l’arrivée des populations. En effet, les colons américains migrent vers le nord après 1792 avec leurs diverses confessions et sont presque uniquement de nature évangélique comme les méthodistes, les baptistes, les universalistes et les congrégationalistes. L’arrivée de Britanniques dans les Cantons-de-l ’Est après 1820 change graduellement les données et on voit lentement apparaitre les confessions plus officielles comme les anglicans et les presbytériens.

Cependant, les églises officielles ne s’établiront qu’après 1850 dans les cantons situés près de la frontière américaine, où habite la majorité des Américains essentiellement évangéliques.

Plusieurs raisons expliquent la progression rapide des confessions évangéliques dans notre région. Premièrement, celles-ci s’adaptent particulièrement bien au terrain pionnier. Les prêcheurs sont souvent issus du peuple et connaissent bien le mode de vie itinérant que requiert la prédication en milieu de défrichement. Ils peuvent donc facilement entrer en contact avec les colons et organiser des célébrations sans pour autant avoir d’église.

De plus, la mentalité des évangélistes colle bien à celle de liberté et d’indépendance des Américains immigrants. Tout le contraire donc des confessions officielles, qui requièrent une église fixe, un pasteur résident, provenant de milieux souvent plus favorisés, et qui prêchent une doctrine stricte et prônant la fidélité à l’ordre établi.

D’un autre côté, les confessions évangéliques ont de la difficulté à garder leurs fidèles. Les prédicateurs itinérants peuvent être plusieurs années avant de revenir dans un endroit, laissant toute la place au prochain prédicateur d’une autre confession. Certains changent de religion au passage du nouveau prêcheur si ce dernier est meilleur que le précédent.

Au final, l’établissement d’une confession en secteur pionnier est une tâche très difficile pour toutes les églises et plus particulièrement pour les églises officielles dans notre région. Dans le prochain numéro, nous verrons comment se débrouillent les différentes confessions durant la seconde moitié du XIXe siècle.

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