Le patrimoine religieux, au cœur du développement de la MRC de Coaticook

Identité, fierté, valeurs, retombées, attraits sont les mots clés qui nous incitent aujourd’hui à considérer d’un œil favorable la conservation et la protection des sites et des bâtiments qui témoignent du passé. Une région sans passé peut exister, mais elle peut disparaître sans que son souvenir demeure. La région de Coaticook peut s’enorgueillir de son développement physique, économique et humain. Mais elle doit la richesse de son présent à ceux qui ont cru en son avenir dès le début du XIXe siècle. Le patrimoine religieux fait partie des témoins de cette époque et peut symboliser l’énergie pour construire demain. La protection du patrimoine religieux est un outil pour redonner aux gens de Coaticook le sens de l’identité et de la continuité, assises essentielles aux efforts de développement.

La relation entre patrimoine culturel et développement économique est complexe. Le fait de préserver l’image du passé ne constitue pas le seul remède face aux problèmes socio- économiques que la région vit. La reconnaissance du passé peut cependant, devenir le pivot d’une stratégie d’aménagement et de développement régional. La région de Coaticook peut-elle redéfinir son modèle d’aménagement et de développement en le fondant sur la conservation de son identité culturelle ? Les célébrations des fêtes du 150e anniversaire de la fondation de la ville, la transformation de l’ancienne Belding Corticelli, la mise en valeur de l’église Cisco Memorial en Pavillon des arts et l’implantation des vingt personnages de la Voie des Pionniers sont des exemples probants de cette reconnaissance de l’apport de l’histoire.

Mais qu’en est-il de notre patrimoine religieux ?

Les responsables de l’église de St-Venant-de-Paquette peinent à trouver les fonds pour remplacer une vieille chaudière. Ceux de St-Wilfrid-de-Kingcroft épargnent chaque cent de leur marché aux puces annuel pour remplacer des fenêtres qui ont vécu de plus beaux jours. À St-Edwidge-de-Clifton, l’enthousiasme s’est mesuré à l’aune du nombre de soupers bénéfices. La restauration de l’église Baptiste de Barnston Corner, un joyau du patrimoine, avance lentement faute de bénévoles et de financement. L’église St-James the Less de Compton se cherche un mécène et une nouvelle vocation. L’église anglicane Church of the Epiphany de Way’s Mills profite de l’engagement de citoyens qui ont pris en charge ce bâtiment orphelin de sa congrégation.

Nos cimetières sont mal en point. Les petits cimetières familiaux ne peuvent plus compter sur les familles pionnières pour les entretenir et les mettre en valeur. Quelques citoyens se sont groupés dans des organismes de bienfaisance pour assurer minimalement les charges essentielles comme la coupe de gazon et le suivi de l’emplacement des sépultures. C’est le cas de la Barnston Heritage Cemetery Association, the Jordan Cemetery Association et quelques autres. On manque de relève dans toutes ces organisations. Quant aux cimetières catholiques, ils sont pris en charge par la structure paroissiale. Mais là encore, le bénévolat est à bout de souffle et la relève ne s’est pas manifestée.

Les croix de chemin qui ont pendant longtemps attirées l’œil du voyageur et jalonnées notre territoire comme autant de points de repère ont été oubliées. Seuls quelques-uns continuent de leur manifester de l’attention et de l’attachement. Le temps de l’oubli est arrivé. Peu à peu, elles disparaitront de nos paysages comme autant de souvenirs qu’on laisse partir de notre mémoire collective. Que faire ?

Comment reprendre possession de notre héritage ? Construire sur le passé en vue d’assurer un avenir meilleur n’est pas une tâche facile. Les forces politiques et des intérêts économiques devront être associés aux préoccupations sociales pour mener à l’adoption de stratégies durables de protection et de mise en valeur de notre patrimoine religieux. La fierté et l’identité culturelle peuvent être des facteurs de changements qui suscitent l’intérêt des pouvoirs publics et des investisseurs privés. Le développement économique et la mise en valeur d’un site du patrimoine religieux peuvent se révéler par le tourisme et l’attrait qu’il représente tant pour les visiteurs que pour les résidents. Dans la Vallée de la Coaticook, la mise en valeur du patrimoine religieux passe par son intérêt pour l’industrie touristique.

L’industrie touristique génère des capitaux, des services, des emplois et donc des revenus. À nous de trouver une façon originale d’optimiser la présence de nos églises, nos cimetières et nos croix de chemin pour en faire, sinon des destinations touristiques, tout au moins des attraits de qualité, qui mis en réseau, formeront l’héritage que nous laisserons aux générations futures.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s