Le patrimoine religieux, au cœur du développement de la MRC de Coaticook

Identité, fierté, valeurs, retombées, attraits sont les mots clés qui nous incitent aujourd’hui à considérer d’un œil favorable la conservation et la protection des sites et des bâtiments qui témoignent du passé. Une région sans passé peut exister, mais elle peut disparaître sans que son souvenir demeure. La région de Coaticook peut s’enorgueillir de son développement physique, économique et humain. Mais elle doit la richesse de son présent à ceux qui ont cru en son avenir dès le début du XIXe siècle. Le patrimoine religieux fait partie des témoins de cette époque et peut symboliser l’énergie pour construire demain. La protection du patrimoine religieux est un outil pour redonner aux gens de Coaticook le sens de l’identité et de la continuité, assises essentielles aux efforts de développement.

La relation entre patrimoine culturel et développement économique est complexe. Le fait de préserver l’image du passé ne constitue pas le seul remède face aux problèmes socio- économiques que la région vit. La reconnaissance du passé peut cependant, devenir le pivot d’une stratégie d’aménagement et de développement régional. La région de Coaticook peut-elle redéfinir son modèle d’aménagement et de développement en le fondant sur la conservation de son identité culturelle ? Les célébrations des fêtes du 150e anniversaire de la fondation de la ville, la transformation de l’ancienne Belding Corticelli, la mise en valeur de l’église Cisco Memorial en Pavillon des arts et l’implantation des vingt personnages de la Voie des Pionniers sont des exemples probants de cette reconnaissance de l’apport de l’histoire.

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Qu’est-ce que le patrimoine ?

Assez étonnamment, si vous posez cette question à plusieurs personnes qui vous entourent, aux plus jeunes et aux plus vieux, vous pourrez obtenir des réponses assez diverses.

En fait la question nous interpelle de plusieurs façons. Pour y répondre, on peut puiser dans nos souvenirs, faire état de nos émotions ou encore, s’appuyer sur des études techniques. Mais la plupart du temps, ce qui sera commun à toutes les réponses, c’est la force de ce qui nous anime et qui motive notre engagement pour assurer la protection du patrimoine.

Le patrimoine religieux pourra prendre une forme matériel ou immatériel et l’objet « patrimonial » aura été associé à l’expression de la foi, et ce, peu importe la religion. En fait, on le retrouve un peu partout sur le territoire de la MRC de Coaticook à travers le patrimoine bâti comme les 34 églises qui marquent nos villages et nos villes, les aménagements particuliers et à titre d’exemples, on donnera les 85 cimetières et les 32 croix de chemins. Au hasard de nos routes, on visitera des centres de pèlerinage et des lieux d’expression populaire tel que les reproductions de grottes de Lourdes, les nombreux calvaires, les chemins de croix extérieurs ou encore, des espaces pour commémorer des événements cités dans la Bible ou qui proviennent de la tradition religieuse. Le patrimoine religieux, c’est aussi des objets sacrés, des peintures, des sculptures, des vêtements sacerdotaux, ou tout autre symbole utilisés lors des rites religieux.

Le patrimoine, c’est aussi des images et des émotions qui dessinent notre imaginaire collectif. Les différentes formes de patrimoine religieux témoignent de la force de caractère, des valeurs, des aspirations et de la foi de ceux qui nous ont précédés. Le patrimoine religieux est un legs, un héritage qui nous rappelle que nos cantons de Stanstead, Barnston, Hereford, Compton et Clifton ont été officiellement érigés à la colonisation au début du XIXe siècle et que des hommes, des femmes, des familles, ont dû défricher ces coteaux vallonnés appalachiens dans des situations difficiles.

Ces gens qui ont fondé nos villages ont laissé des traces qui sont aujourd’hui des guides et des phares. Les éléments du patrimoine religieux sont des témoins qui marquent le calendrier de la colonisation. Ce sont des points de repère qui permettent aux populations d’aujourd’hui de s’identifier à un territoire, tout autant par la reconnaissance du paysage que par des relations émotives et amoureuses parce qu’un ancêtre, un arrière grand-parent, un grand-parent, a cultivé une terre, s’est marié, y a élevé des enfants, est allé régulièrement à l’église du village et peut-être, est enterré dans le cimetière qui est juste à côté.

Le patrimoine religieux, c’est ce lien étroit que nous maintenons avec le passé pour fonder notre identité comme groupe et comme communauté partageant des aspirations et des valeurs. Les différentes formes de patrimoine religieux sont aussi des balises pour cheminer sur le chemin non cartographié de demain.

Le génie des granges

L’inventaire du patrimoine agricole de la MRC de Coaticook dénombre 183 bâtiments et sites d’intérêt. Les fameuses granges rondes, qu’on associe spontanément aux Cantons-de-l’Est, figurent parmi les plus exceptionnels.

Les granges rondes représentent des témoins exceptionnels de la créativité et du savoir-faire des pionniers américains qui ont colonisé le territoire au XIXe siècle. On en trouvait une trentaine dans les Cantons-de-l’Est au début du XXe siècle; il n’en restait que six en 2010. La MRC de Coaticook en compte quatre : deux dans la municipalité de Barnston-Ouest, près du hameau de Way’s Mills, et deux à Coaticook – dont l’une est une reproduction construite en 1995 pour devenir le pavillon d’accueil du parc de la Gorge.

Surtout érigées entre 1890 et 1910 dans le sud des Cantons-de-l’Est, les granges rondes comportent deux niveaux : l’étable au rez-de-chaussée pour garder les animaux, et la tasserie à l’étage pour entreposer le foin et l’équipement, à laquelle on accède par le « garnaud », une rampe extérieure souvent couverte. Les bâtiments sont structurés autour d’un noyau central, fait d’une charpente de bois qui supporte le silo et le plancher de la tasserie. Ils sont souvent situés sur des terrains en pente, ce qui permet de réduire la longueur du garnaud. Encore utilisée, la grange ronde de la famille Stanley Holmes, sur le chemin Holmes à Barnston-Ouest, est un bel exemple de cette architecture d’exception.

Le folklore populaire disait qu’une grange ronde éloignait le diable. S’il y entrait, il n’avait aucun coin sombre où se cacher! Cette croyance viendrait des Shakers, un groupe protestant reconnu pour le style dépouillé de son mobilier. Ce sont eux qui ont érigé la première grange ronde en Nouvelle-Angleterre dans les années 1820, à Hancock, au Massachusetts.

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De rail et d’eau

Exploité notamment par le barrage Penman's, le pouvoir hydraulique de la rivière Coaticook a transformé un village en ville manufacturière.
Exploité notamment par le barrage Penman’s, le pouvoir hydraulique de la rivière Coaticook a transformé un village en ville manufacturière.

Le chemin de fer et les chutes de la rivière ont propulsé l’essor industriel de Coaticook des années 1850 aux années 1960. Quelques bâtiments et structures témoignent de cet âge d’or.

Juillet 1853 : le destin de Waterville et Coaticook s’apprête à changer. Les premiers trains du chemin de fer Saint-Laurent et Atlantique (englobé dans le Grand Tronc la même année), entrent en gare dans ces deux villages. L’entente entre Alexander Tilloch Galt, commissaire de la British American Land Company, située à Sherbrooke, et John A. Poor, marchand de Portland, prévoit la construction d’un chemin de fer reliant Montréal à Portland, important port du Maine ouvert sur l’Atlantique à longueur d’année. Ce projet avait concurrencé celui de marchands de Montréal et de Boston, promoteurs d’un tracé qui aurait évité Sherbrooke et Coaticook. Le projet de Portland l’a emporté lors d’une course hivernale de diligences sur patins à destination de Montréal, depuis Portland et Boston…

Rapidement, le passage du chemin de fer désenclave la région et contribue à son essor économique. La gare de Coaticook abrite alors le poste de douane ferroviaire le plus important du Canada. Le chemin de fer diversifie l’activité industrielle de la ville. Les petits moulins à farine et les scieries des années 1840 font place à des fabriques et à des manufactures d’envergure, tant dans les secteurs de la bonneterie, du coton et de la laine que dans ceux de la transformation du bois et de l’industrie mécanique.

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Gare Pittoresque

Gare à rotonde de Coaticook
Gare à rotonde de Coaticook

Bâtie en 1904 et citée immeuble patrimonial par la Ville en 1999, la vieille gare de Coaticook est un édifice en bois de plan rectangulaire à deux étages avec une extrémité arrondie. Sa toiture aux pentes multiples déborde des murs pour protéger les voyageurs. Ce bâtiment compte parmi les gares d’un nouveau genre apparues au tournant du XXe siècle, alors que la compagnie ferroviaire du Grand Tronc modifie considérablement l’architecture de ses édifices. Avec ses oriels, son porche à toit conique et son ornementation variée, la vieille gare de Coaticook constitue un exemple achevé de l’utilisation des principes pittoresques dans l’architecture des gares. Depuis 2010, elle héberge les bureaux d’une entreprise de gestion de projets agricoles et agroalimentaires.


Article tiré de la revue, Patrimoine en action.

Du bois et du style

Construite vers 1852, la maison Cutting de Coaticook est ornée d’une dentelle de bois sculpté le long de sa toiture et sur ses pilastres d’angle.
Construite vers 1852, la maison Cutting de Coaticook est ornée d’une dentelle de bois sculpté le long de sa toiture et sur ses pilastres d’angle.

Influencés par les techniques qui avaient cours en Nouvelle-Angleterre, les bâtiments de la MRC de Coaticook ont aussi tiré profit d’une richesse locale : le bois. Aux côtés de cette architecture vernaculaire se démarquent des résidences reflétant la fortune et le goût de l’élite politique et financière.

Pas besoin de sillonner plusieurs rues et rangs pour constater que la majorité des maisons, granges et églises protestantes de la région sont presque 100 % bois. Les nombreux moulins à scie installés un peu partout dans les Cantons-de-l’Est au moment de la colonisation facilitaient l’accès aux planches et, par extension, la construction des divers bâtiments. Le bois a servi pour leur charpente, mais aussi pour leur recouvrement, dont le plus commun est la planche à clin, parfois appelée planche à déclin ou clapboard. Relativement étroites, ces planches de bois sont disposées à l’horizontale, de sorte que le haut de la planche inférieure est recouvert par le bas de la planche supérieure. Appliquée sur une ossature de poutres et de piliers de bois, cette technique rendait l’ensemble rigide et contreventé.

Après 1860, l’industrialisation du sciage de bois de construction a favorisé la charpente à claire-voie (dite balloon frame), plus simple et moins coûteuse : les éléments étaient fabriqués en série par une main-d’œuvre non spécialisée. Après s’être développé aux États-Unis dans la première partie du XIXe siècle, ce type de charpente s’est imposé dans la MRC de Coaticook dès le milieu du siècle.

Ici comme ailleurs, dans la seconde moitié du XXe siècle, plusieurs façades ont été recouvertes de revêtements en aluminium ou en PVC. Néanmoins, les villages et les quartiers des villes ont généralement conservé une assez grande homogénéité architecturale.

Résidences d’exception
Les rues de Coaticook comptent quelques bâtiments exceptionnels qui témoignent des goûts et de la richesse de l’élite financière et politique.

Parmi eux, la maison Cutting (40, rue Gérin-Lajoie, à Coaticook). Construite vers 1852, elle a d’abord appartenu aux Cutting, puis à la famille Gérin, qui en a pris possession en 1899 et l’habite encore. Avec son ornementation extravagante des rives du toit, ses pilastres d’angle au décor ouvragé et sa balustrade sur pilastres surplombant l’entrée principale, elle se fait remarquer. La dentelle de bois témoigne de la maîtrise du menuisier et illustre l’influence du courant pittoresque.

Flanquée d’élégantes colonnes d’influence ionique et dorique qui s’élancent vers le ciel, la façade de la maison Thompson-Sheard (50, rue de l’Union, à Coaticook) se démarque par son imposant fronton. Les impostes et les fenêtres latérales surmontées d’un arc surbaissé contribuent à la monumentalité de cet édifice bâti en 1853 pour le capitaine James Thompson, premier douanier à Coaticook. Des politiciens et hommes d’affaires (Charles Lovell, Guy Tillotson, Henri Gérin, George Sheard) ont également habité cette demeure.

Le château Arthur-Osmore-Norton (96, rue de l’Union, à Coaticook), érigé en 1912, témoigne de plusieurs influences architecturales, dont les plus évidentes sont le style néo-Queen Anne et le Shingle style. Fréquent dans l’architecture de villégiature de l’époque, cet éclectisme évoque la réussite du premier propriétaire du château, un industriel qui a fait fortune en produisant et en commercialisant un cric à roulement à billes pour les locomotives. Une fenestration abondante découpe la masse imposante du bâtiment, alors que les cheminées de pierre jouent de contraste avec le recouvrement de bois.

Beaucoup d’autres résidences d’exception émaillent les rues de la MRC de Coaticook. On peut partir à leur recherche et mieux les connaître grâce aux six Circuits découverte de la MRC.


Article tiré de la revue, Patrimoine en action.

La mise en valeur de notre patrimoine, un facteur de développement économique de nos communautés

Les autorités tant de la MRC de Coaticook que des municipalités ont, au cours des dernières années, reconnu la forte présence de témoins historiques et patrimoniaux religieux, industriels et agricoles sur notre territoire. Notre patrimoine paysager et bâti est aujourd’hui identifié. Il faut maintenant mieux le faire connaître et le mettre en valeur pour qu’il devienne un facteur de développement économique au profit de toute la communauté.

La mise en valeur de notre richesse patrimoniale régionale est un des prochains défis. Non pas que rien n’a été fait à ce jour, au contraire. La conversion de l’église Sisco Memorial en Pavillon des Arts et celle de l’ancienne gare de Coaticook en espace d’affaires méritent d’être soulignées. La désignation de la zone patrimoniale autour de Way’s Mills, un des hameaux de Barnston-Ouest, la découverte du Mont Hereford sous la gestion des municipalités d’East Hereford et de St- Herménégilde et la création du sentier Poétique et de l’église- musée de St-Venant-de- Paquette qui mettent à l’honneur la sculpture et les mots, sont autant de façons de faire connaître et de mettre en valeur notre patrimoine bâti et naturel. Ce sont là des initiatives très intéressantes.

Le moment est peut-être venu d’approcher la mise en valeur avec une vision stratégique pour lui conférer une dimension économique régionale. Les initiatives des uns et des autres sont essentielles, mais ne devient-il pas nécessaire de les coordonner dans une perspective de développement économique régional ? Faire de la Vallée de la Coaticook, une région connue et reconnue pour son patrimoine paysager et bâti tout comme elle l’est devenue pour ses saveurs régionales. Le succès des Comptonales est à cet égard un modèle inspirant.

Trois stratégies devront être définies et mises en œuvre. Elles ont trait à l’animation du patrimoine, à son développement sous forme de réseaux ainsi qu’à la recherche de financement pour restaurer et entretenir les actifs patrimoniaux.

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Une fête champêtre au cœur d’un jardin secret

L’église anglicane de l’Épiphanie, construite il y a près de 125 ans, est un joyau de l’architecture néo- gothique en bois. Sa présence marque le village de Way’s Mills, un des deux hameaux de la municipalité de Barnston-Ouest.

L’église est aujourd’hui orpheline. Le bâtiment est dans un état déplorable et nécessite des travaux importants. Le Ministère de la Culture et des Communications a approuvé un financement de 150 000 $ à travers le Fonds du Patrimoine religieux du Québec à la condition expresse que la communauté contribue pour 30% des coûts des travaux. C’est donc 65 000$ que le milieu doit trouver.

La fête champêtre du 2 juin prochain sera un des événements pour recueillir des dons. Vous êtes cordialement invités à vous joindre à nous pour vivre un moment magique et pour découvrir un jardin secret aménagé autour d’un rare témoin de l’histoire des Cantons-de-l’Est, une grange ronde. Des musiciens, des œuvres d’art et des bouchées gourmandes accompagneront votre douce flânerie.

Pour réserver votre place, faites parvenir un chèque au montant de 100$ par personne à l’ordre de « Church of the Epiphany » à l’adresse suivante :

Vestry of the Church of the Epiphany
745, chemin Hunter
Ayer’s Cliff (Québec)
J0B 1C0, Canada

Sur réception de votre contribution, nous nous empresserons de vous faire parvenir un reçu pour fins de charité, un billet d’entrée et les directions routières pour trouver notre jardin « secret ».

Pour plus d’informations veuillez contacter Somen Goodman : someng@xittel.ca ou 819 838-5239