Le Centre d’arts Rozynski : un charmant endroit spécialisé en céramique et en sculpture

Il y a maintenant deux semaines (10 au 14 juillet 2017), le Centre d’arts Rozynski offrait la chance à tous de participer à une semaine intensive de tournage de poterie.

Avant d’entrer dans les détails, parlons du Centre d’arts Rozynski, où le charme réside. C’est en 1964 qu’un couple d’artistes, Stanley et Wanda Rozynski, a acquis la propriété pour la transformer en atelier.  « Il s’agit d’un espace conçu autour des concepts de collaboration et de concertation artistique », c’est-à-dire que le Centre d’arts offre la possibilité d’héberger les artistes afin de vraiment les faire entrer dans leur univers artistique.

J’y suis allée faire un tour, voir le déroulement et l’ambiance de l’activité proposée. J’ai été immédiatement séduite : sérénité, pureté et bien-être sont les mots qui me viennent à l’esprit en repensant à ma visite. On m’a accueilli, j’ai pu découvrir le Centre et comprendre la mission de celui-ci plus en profondeur. L’endroit est tout à fait attrayant: un grand terrain orné d’un boisé ainsi que l’installation d’une piscine rajoute au charme. La bâtisse est habillée d’énormes fenêtres, ce qui fait entrer la lumière du jour.

Une semaine intensive de tournage consiste à apprendre l’art de la poterie accompagné d’une professionnelle. Les artistes (débutants ou non) s’inscrivent à l’activité et apprennent comment faire des objets en poterie : du tournage de l’argile jusqu’à la cuisson des pièces en passant par la décoration. Le cours est donné par Stéphanie Fauteux, professeure au Centre de céramique Bonsecours à Montréal.

La deuxième semaine intensive de tournage a lieu du 31 juillet au 5 août 2017. Pour vous y inscrire, c’est par ici .

Découvrir un brin d’histoire en visitant les cimetières de la région

Mercredi dernier, le 14 juin 2017, la Table de concertation culturelle de la MRC de Coaticook (TCCC) et l’Association des professeures et professeurs retraités de l’Université de Sherbrooke (APPRUS) ont participé à une visite guidée des cimetières de Compton.

Je fus fortement étonnée, et agréablement surprise, par cette journée dans le village de Compton. J’ai accompagné le groupe au nom de la TCCC et je découvrais pour la première fois les cimetières de la région.

La tournée a pris vie dans le Parc des Lions de Compton où le groupe a pu écouter les témoignages de Marie-Ange Vaillancourt-Genest et de Estelle Bureau, personnages de la Voie des pionniers. Ensuite, tous se sont déplacés vers le premier cimetière, le cimetière Saint-Thomas-d’Aquin.

La visite s’est poursuivie au Domaine Ives Hills où un copieux repas fut partagé. C’est à ce moment que j’ai découvert un nouveau fruit : les cassis. J’ai eu la chance de gouter à différents produits du terroir faits de cassis. Sincèrement, le Domaine Ives Hills mérite son arrêt, que vous soyez en famille ou entre amis. Puis, la journée s’est terminée par la visite de deux cimetières d’origines protestantes.

Grâce à Jean-Marc Lachance, qui a pris le temps de partager sa passion pour le patrimoine, les gens présents à la journée ont eu le plaisir de découvrir les beautés qui résident dans les cimetières de la région. Porteurs d’histoires et de confessions, les cimetières rappellent le passé. Chaque pierre tombale caractérise une communauté ancestrale et définit les couleurs d’une personnalité collective. C’est ce que Monsieur Lachance a fait découvrir à tous lors de cette journée en collaboration avec l’APPRUS.

Je dois être honnête quant aux craintes que j’avais face à une journée découverte des cimetières. Qu’est-ce que je pouvais bien y découvrir d’intéressant ? Pourtant, je me suis retrouvée à prendre tout en photo, car tout ce que je voyais était beau à mes yeux. J’ai appris tellement de choses concernant les gravures qui se trouvent sur les pierres. Ma partie préférée a sans aucun doute été d’apprendre toutes sortes d’histoires et de récits sur la vie des défunts qui se trouvaient dans ces cimetières. Je me suis aussi surprise à être bien, à me sentir paisible et à gouter à un sentiment de liberté. Je vous recommande d’aller vous y promener. Surtout, que l’on peut toujours trouver une petite église mignonne à observer tout près d’un cimetière.

Pour vous guider lors de votre visite dans les Cantons-de-l’Est, vous pouvez télécharger nos circuits découvertes : http://www.circuitsdecouvertecoaticook.org/ 


Erika Aubin

La Conquête de l’Est

Par Jean-Pierre Kesteman

Comptant 19 000 habitants répartis dans 12 villes et villages, la municipalité régionale de comté de Coaticook tire son nom de son chef-lieu, fondé en 1864. La cohabitation des cultures anglo-protestante et canadienne-française caractérise la ville, comme la région. Normal : la MRC de Coaticook longe la frontière américaine, face aux États du Vermont et du New Hampshire.

Adossé à la partie supérieure des Appalaches, au pied des monts Barnston, Pinacle et Hereford, ce territoire descend par paliers, du sud au nord, dans l’Axe des vallées de la rivière Coaticook et de ses affluents, les rivières Moe et au Saumon. Couronnés de forêts, ses contours vallonnés offrent des terres d’une fertilité remarquable.

Depuis la colonisation, les ruptures de niveau ont favorisé l’utilisation de l’énergie hydraulique à des fins artisanales, industrielles, puis hydroélectriques. Le cours capricieux de la Coaticook a entraîné l’implantation des fermes et des villages sur les collines avoisinantes, ainsi que l’installation de barrages régulateurs à la frontière du Vermont.

Au début de la colonisation de la région, à la fin du XVIIIe siècle, le territoire de l’actuelle MRC couvrait les cantons de Barford, Barnston, Clifton, Compton, Hereford et une partie d’Auckland et de Stanstead. Ici, comme ailleurs dans les Cantons-de-l’Est, le peuplement s’est effectué par vagues successives, d’abord américaines et britanniques, puis canadiennes-françaises.

Attirées par les terres fertiles à bon marché, des familles de la Nouvelle-Angleterre s’installent les premières sur le territoire. La région a donc compté peu de loyalistes. Venus du Connecticut, du Massachusetts ou du New Hampshire, ces pionniers défrichent les terres fertiles de l’est de Stanstead et de l’ouest de Barnston et de Compton. Ils pénètrent par le sud-ouest, au départ de Stanstead, où aboutissent les routes américaines, ainsi que par le nord-ouest, en remontant depuis Lennoxville la Vallée de la rivière Coaticook. En 1830, on dénombre déjà 5000 habitants sur le territoire de la future MRC.

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Le Culte de la Diversité

par Monique Nadeau-Saumier

Les protestants américains et britanniques qui ont d’abord colonisé la région de Coaticook ont donné une teinte particulière à l’architecture religieuse de l’endroit. Le début du XIXe siècle a ainsi vu s’ériger de nombreuses églises rurales de confessions dites « évangéliques » : baptistes, méthodistes et congrégationalistes.

La simplicité architecturale de l'église baptiste de Barnston (1880) est caractéristique des meeting houses, qui servaient de lieu de culte et de rencontre pour la communauté.
La simplicité architecturale de l’église baptiste de Barnston (1880) est caractéristique des meeting houses, qui servaient de lieu de culte et de rencontre pour la communauté.

C’est à Barnston Corner, un hameau qui fait aujourd’hui partie de la ville de Coaticook que se trouve l’un des plus anciens et importants témoins du patrimoine religieux évangélique. Bâtie en 1837, l’Église baptiste de Barnston a obtenu la cote A, c’est-à-dire incontournable, dans l’Inventaire des lieux de culte du Québec. Architecture néoclassique, fenestration simple, intérieur dépouillé : il s’agit de la quintessence de la meeting house, un lieu de rassemblement modeste qui se distingue des premières maisons des colons américains par ses dimensions plus imposantes — et que les catholiques canadiens-français surnommaient « mitaine ». Depuis une dizaine d’années, le comité Héritage Barnston a pris en charge la restauration de cette église dont le décor intérieur en lambris de bois est resté intact. Même la grande baignoire où les fidèles étaient baptisés par immersion s’y trouve toujours.

Église universaliste d'Huntingville
Avec son fronton triangulaire et ses pilastres d’Angle, l’église universaliste d’Huntingville illustre le style néoclassique qui caractérise la plupart des églises de la Nouvelle-Angleterre, berceau de cette confession.

Également classée A, l’église d’Huntingville (dans l’actuelle Waterville) est la première église universaliste construite au Canada. La famille Hunting a participé activement à l’établissement de ce temple en offrant le terrain où cet édifice néoclassique sera érigé en 1845. Fermée au culte en 1951, l’église revit aujourd’hui grâce aux efforts d’un groupe de résidents de la région. Pour aider à couvrir les frais d’entretien, on y célèbre des mariages en plus d’y tenir des concerts et des activités saisonnières. Le site comprend aussi une école, un cimetière ainsi qu’un moulin et son barrage sur la rivière au Saumon. Ce noyau villageois, l’un des plus anciens des Cantons-de-l’Est, est préservé dans un état exceptionnel.

À Way’s Mills, l’église Church of the Epiphany illustre le symbolisme du vocabulaire architectural néogothique avec sa tour centrée en façade, dont l’élan vertical est accentué par des contreforts triangulaires. Dans une version vernaculaire, ce courant architectural caractérise de nombreuses églises anglicanes rurales dans les Cantons-de-l’Est. Construite grâce à une généreuse contribution de l’évêque anglican de Québec, l’église Church of the Epiphany a été inaugurée en décembre 1888. Le Conseil du patrimoine religieux du Québec a récemment accordé une importante subvention à un groupe de résidents de la communauté, d’origines et de confessions diverses, qui a pris en main sa restauration.

L’église anglicane de Way’s Mills fait face à l’église multiconfessionnelle Way’s Mills Union. Érigée en 1881, cette dernière regroupe diverses confessions évangéliques. Situés dans un site enchanteur, ces lieux de culte sont associés aux deux plus importantes confessions protestantes fondatrices des Cantons-de-l’Est.

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Le génie des granges

L’inventaire du patrimoine agricole de la MRC de Coaticook dénombre 183 bâtiments et sites d’intérêt. Les fameuses granges rondes, qu’on associe spontanément aux Cantons-de-l’Est, figurent parmi les plus exceptionnels.

Les granges rondes représentent des témoins exceptionnels de la créativité et du savoir-faire des pionniers américains qui ont colonisé le territoire au XIXe siècle. On en trouvait une trentaine dans les Cantons-de-l’Est au début du XXe siècle; il n’en restait que six en 2010. La MRC de Coaticook en compte quatre : deux dans la municipalité de Barnston-Ouest, près du hameau de Way’s Mills, et deux à Coaticook – dont l’une est une reproduction construite en 1995 pour devenir le pavillon d’accueil du parc de la Gorge.

Surtout érigées entre 1890 et 1910 dans le sud des Cantons-de-l’Est, les granges rondes comportent deux niveaux : l’étable au rez-de-chaussée pour garder les animaux, et la tasserie à l’étage pour entreposer le foin et l’équipement, à laquelle on accède par le « garnaud », une rampe extérieure souvent couverte. Les bâtiments sont structurés autour d’un noyau central, fait d’une charpente de bois qui supporte le silo et le plancher de la tasserie. Ils sont souvent situés sur des terrains en pente, ce qui permet de réduire la longueur du garnaud. Encore utilisée, la grange ronde de la famille Stanley Holmes, sur le chemin Holmes à Barnston-Ouest, est un bel exemple de cette architecture d’exception.

Le folklore populaire disait qu’une grange ronde éloignait le diable. S’il y entrait, il n’avait aucun coin sombre où se cacher! Cette croyance viendrait des Shakers, un groupe protestant reconnu pour le style dépouillé de son mobilier. Ce sont eux qui ont érigé la première grange ronde en Nouvelle-Angleterre dans les années 1820, à Hancock, au Massachusetts.

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De rail et d’eau

Exploité notamment par le barrage Penman's, le pouvoir hydraulique de la rivière Coaticook a transformé un village en ville manufacturière.
Exploité notamment par le barrage Penman’s, le pouvoir hydraulique de la rivière Coaticook a transformé un village en ville manufacturière.

Le chemin de fer et les chutes de la rivière ont propulsé l’essor industriel de Coaticook des années 1850 aux années 1960. Quelques bâtiments et structures témoignent de cet âge d’or.

Juillet 1853 : le destin de Waterville et Coaticook s’apprête à changer. Les premiers trains du chemin de fer Saint-Laurent et Atlantique (englobé dans le Grand Tronc la même année), entrent en gare dans ces deux villages. L’entente entre Alexander Tilloch Galt, commissaire de la British American Land Company, située à Sherbrooke, et John A. Poor, marchand de Portland, prévoit la construction d’un chemin de fer reliant Montréal à Portland, important port du Maine ouvert sur l’Atlantique à longueur d’année. Ce projet avait concurrencé celui de marchands de Montréal et de Boston, promoteurs d’un tracé qui aurait évité Sherbrooke et Coaticook. Le projet de Portland l’a emporté lors d’une course hivernale de diligences sur patins à destination de Montréal, depuis Portland et Boston…

Rapidement, le passage du chemin de fer désenclave la région et contribue à son essor économique. La gare de Coaticook abrite alors le poste de douane ferroviaire le plus important du Canada. Le chemin de fer diversifie l’activité industrielle de la ville. Les petits moulins à farine et les scieries des années 1840 font place à des fabriques et à des manufactures d’envergure, tant dans les secteurs de la bonneterie, du coton et de la laine que dans ceux de la transformation du bois et de l’industrie mécanique.

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Gare Pittoresque

Gare à rotonde de Coaticook
Gare à rotonde de Coaticook

Bâtie en 1904 et citée immeuble patrimonial par la Ville en 1999, la vieille gare de Coaticook est un édifice en bois de plan rectangulaire à deux étages avec une extrémité arrondie. Sa toiture aux pentes multiples déborde des murs pour protéger les voyageurs. Ce bâtiment compte parmi les gares d’un nouveau genre apparues au tournant du XXe siècle, alors que la compagnie ferroviaire du Grand Tronc modifie considérablement l’architecture de ses édifices. Avec ses oriels, son porche à toit conique et son ornementation variée, la vieille gare de Coaticook constitue un exemple achevé de l’utilisation des principes pittoresques dans l’architecture des gares. Depuis 2010, elle héberge les bureaux d’une entreprise de gestion de projets agricoles et agroalimentaires.


Article tiré de la revue, Patrimoine en action.

Du bois et du style

Construite vers 1852, la maison Cutting de Coaticook est ornée d’une dentelle de bois sculpté le long de sa toiture et sur ses pilastres d’angle.
Construite vers 1852, la maison Cutting de Coaticook est ornée d’une dentelle de bois sculpté le long de sa toiture et sur ses pilastres d’angle.

Influencés par les techniques qui avaient cours en Nouvelle-Angleterre, les bâtiments de la MRC de Coaticook ont aussi tiré profit d’une richesse locale : le bois. Aux côtés de cette architecture vernaculaire se démarquent des résidences reflétant la fortune et le goût de l’élite politique et financière.

Pas besoin de sillonner plusieurs rues et rangs pour constater que la majorité des maisons, granges et églises protestantes de la région sont presque 100 % bois. Les nombreux moulins à scie installés un peu partout dans les Cantons-de-l’Est au moment de la colonisation facilitaient l’accès aux planches et, par extension, la construction des divers bâtiments. Le bois a servi pour leur charpente, mais aussi pour leur recouvrement, dont le plus commun est la planche à clin, parfois appelée planche à déclin ou clapboard. Relativement étroites, ces planches de bois sont disposées à l’horizontale, de sorte que le haut de la planche inférieure est recouvert par le bas de la planche supérieure. Appliquée sur une ossature de poutres et de piliers de bois, cette technique rendait l’ensemble rigide et contreventé.

Après 1860, l’industrialisation du sciage de bois de construction a favorisé la charpente à claire-voie (dite balloon frame), plus simple et moins coûteuse : les éléments étaient fabriqués en série par une main-d’œuvre non spécialisée. Après s’être développé aux États-Unis dans la première partie du XIXe siècle, ce type de charpente s’est imposé dans la MRC de Coaticook dès le milieu du siècle.

Ici comme ailleurs, dans la seconde moitié du XXe siècle, plusieurs façades ont été recouvertes de revêtements en aluminium ou en PVC. Néanmoins, les villages et les quartiers des villes ont généralement conservé une assez grande homogénéité architecturale.

Résidences d’exception
Les rues de Coaticook comptent quelques bâtiments exceptionnels qui témoignent des goûts et de la richesse de l’élite financière et politique.

Parmi eux, la maison Cutting (40, rue Gérin-Lajoie, à Coaticook). Construite vers 1852, elle a d’abord appartenu aux Cutting, puis à la famille Gérin, qui en a pris possession en 1899 et l’habite encore. Avec son ornementation extravagante des rives du toit, ses pilastres d’angle au décor ouvragé et sa balustrade sur pilastres surplombant l’entrée principale, elle se fait remarquer. La dentelle de bois témoigne de la maîtrise du menuisier et illustre l’influence du courant pittoresque.

Flanquée d’élégantes colonnes d’influence ionique et dorique qui s’élancent vers le ciel, la façade de la maison Thompson-Sheard (50, rue de l’Union, à Coaticook) se démarque par son imposant fronton. Les impostes et les fenêtres latérales surmontées d’un arc surbaissé contribuent à la monumentalité de cet édifice bâti en 1853 pour le capitaine James Thompson, premier douanier à Coaticook. Des politiciens et hommes d’affaires (Charles Lovell, Guy Tillotson, Henri Gérin, George Sheard) ont également habité cette demeure.

Le château Arthur-Osmore-Norton (96, rue de l’Union, à Coaticook), érigé en 1912, témoigne de plusieurs influences architecturales, dont les plus évidentes sont le style néo-Queen Anne et le Shingle style. Fréquent dans l’architecture de villégiature de l’époque, cet éclectisme évoque la réussite du premier propriétaire du château, un industriel qui a fait fortune en produisant et en commercialisant un cric à roulement à billes pour les locomotives. Une fenestration abondante découpe la masse imposante du bâtiment, alors que les cheminées de pierre jouent de contraste avec le recouvrement de bois.

Beaucoup d’autres résidences d’exception émaillent les rues de la MRC de Coaticook. On peut partir à leur recherche et mieux les connaître grâce aux six Circuits découverte de la MRC.


Article tiré de la revue, Patrimoine en action.

Agir pour conserver

Par Michèle Lavoie

Des descendantes de Walter G. Belknap posent à travers la silhouette de leur ancêtre à l’inauguration du parcours historique La Voie des pionniers.
Des descendantes de Walter
G. Belknap posent à travers
la silhouette de leur ancêtre à l’inauguration du parcours historique La Voie des pionniers.

Au cours des dernières années, dans la MRC de Coaticook, on a fait de la préservation du patrimoine une priorité. Des municipalités ont cité des bâtiments et des sites, ou ont transformé des lieux patrimoniaux pour y tenir des activités culturelles : Pavillon des arts, bibliothèque et musée à Coaticook ; musée-église à Saint-Venant-de-Paquette ; bureau municipal à Stanstead-Est ; projet d’atelier d’artiste à Barnston-Ouest…

En 2011, la MRC de Coaticook a réalisé un inventaire exhaustif des cimetières (85) et des croix de chemin (32) de son territoire. Trois ans plus tôt, elle avait publié un guide des bonnes pratiques en matière agricole. Les deux documents sont accessibles en ligne (voir encadré). Consciente du caractère exceptionnel de ses paysages, cette MRC est aussi la première des Cantons-de-l’Est à avoir procédé à leur caractérisation.

À l’école secondaire La Frontalière de Coaticook, les jeunes de 2e secondaire participent depuis 2012 à l’Expérience photographique du patrimoine, un concours photo sur le thème du patrimoine culturel et paysager tenu à la grandeur du Québec.

Quelques propriétaires à la fibre sensible entretiennent également avec soin leur propre patrimoine : maisons, granges, moulins, gares, écoles de rang, objets anciens… Même les complexes industriels reçoivent de bons soins : après avoir été restaurée et convertie en hôtel, la Belding Corticelli, à Coaticook, ouvrira ses portes à la clientèle en 2015.

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Survol historique religieux de la région de Coaticook Première partie : L’ère pionnière (1792-1850)

par Karl Bourassa, historien

La région de Coaticook, tout comme la majeure partie des Cantons-de-l’Est, a été colonisée par des Américains et des Britanniques. Cette particularité de notre région explique pourquoi nous y retrouvons autant d’églises protestantes de plusieurs confessions différentes.

L’arrivée des différentes confessions suit l’arrivée des populations. En effet, les colons américains migrent vers le nord après 1792 avec leurs diverses confessions et sont presque uniquement de nature évangélique comme les méthodistes, les baptistes, les universalistes et les congrégationalistes. L’arrivée de Britanniques dans les Cantons-de-l ’Est après 1820 change graduellement les données et on voit lentement apparaitre les confessions plus officielles comme les anglicans et les presbytériens.

Cependant, les églises officielles ne s’établiront qu’après 1850 dans les cantons situés près de la frontière américaine, où habite la majorité des Américains essentiellement évangéliques.

Plusieurs raisons expliquent la progression rapide des confessions évangéliques dans notre région. Premièrement, celles-ci s’adaptent particulièrement bien au terrain pionnier. Les prêcheurs sont souvent issus du peuple et connaissent bien le mode de vie itinérant que requiert la prédication en milieu de défrichement. Ils peuvent donc facilement entrer en contact avec les colons et organiser des célébrations sans pour autant avoir d’église.

De plus, la mentalité des évangélistes colle bien à celle de liberté et d’indépendance des Américains immigrants. Tout le contraire donc des confessions officielles, qui requièrent une église fixe, un pasteur résident, provenant de milieux souvent plus favorisés, et qui prêchent une doctrine stricte et prônant la fidélité à l’ordre établi.

D’un autre côté, les confessions évangéliques ont de la difficulté à garder leurs fidèles. Les prédicateurs itinérants peuvent être plusieurs années avant de revenir dans un endroit, laissant toute la place au prochain prédicateur d’une autre confession. Certains changent de religion au passage du nouveau prêcheur si ce dernier est meilleur que le précédent.

Au final, l’établissement d’une confession en secteur pionnier est une tâche très difficile pour toutes les églises et plus particulièrement pour les églises officielles dans notre région. Dans le prochain numéro, nous verrons comment se débrouillent les différentes confessions durant la seconde moitié du XIXe siècle.