Jesse Pennoyer : l’Américain devenu Britannique

Recherche historique et rédaction par Ludovic Blais pour la publication dans la revue L’Entraide

Sa vie

Jesse Pennoyer est né le 16 avril 1760 à Amenia dans l’État de New York aux États-Unis. Son père étant un révérend méthodiste, il est éduqué dans la religion. Il épouse Martha Ferguson à la fin des années 1790. De 1800 à 1810, ils auront dix enfants, dont uniquement six vont survivre. Son fils aîné meurt en 1820 et sa femme en 1822. Il décède le 1er décembre 1825 à Waterville et est enterré dans le cimetière anglican d’Hatley. Plusieurs de leurs descendants occuperont des postes d’importance dans la région de Waterville dans les décennies suivantes[1].

Sa vie de soldat dans les armées continentales lors de la guerre d’indépendance américaine

Lors de la guerre d’indépendance américaine, Jesse Pennoyer s’engage dans les armées continentales le 1er janvier 1777. Il est à Québec avec les troupes continentales du  colonel Montgomery lorsque les Américains assiègent la ville[2]. C’est dans cette longue marche qui le mène de la Nouvelle-Angleterre à Québec en passant par la région qui deviendra les Cantons-de-l’est, que Pennoyer s’habitue à la dure vie dans une région pratiquement inhabitée. Cette expérience lui sera profitable lorsqu’il exercera sa profession d’arpenteur.

            Il est difficile de dire ce qu’il fait après son service militaire en 1780, mais on le retrouve dans la Province de Québec en 1788. Il peut sembler paradoxal qu’un ancien soldat américain ayant combattu les Anglais soit, moins de dix ans après la fin de la guerre, au service du représentant de la couronne britannique en Amérique du Nord[3]. Mais il y a au moins une raison logique à cela. En effet, moins de 30 ans après la conquête de la Nouvelle-France, le nombre de Britanniques présents sur le territoire de la Province de Québec est encore peu élevé. Malgré tout, les Britanniques désirent faire arpenter les territoires qui deviendront le Haut et le Bas-Canada. Il n’y a toutefois que 60 arpenteurs qualifiés pour l’arpentage de ce vaste territoire, ce qui va aider les autorités à passer outre le passé de « rebelle » de Pennoyer[4].

Son travail d’arpenteur

Pennoyer est donc choisi comme arpenteur suite à la proclamation du 7 février 1792 annonçant l’ouverture des terres de la Couronne, et de l’ordre en conseil du 2 mars suivant[5]. Il arpentera notamment en 1792 certains cantons situés le long de la Rivière Rideau dans le Haut-Canada ainsi que le parcours du Bas Saint-François. Jusqu’en 1810, il arpente plusieurs territoires ouverts à la colonisation, principalement dans les Cantons-de-l’est.

Ses charges dans les colonies de l’Amérique du Nord britannique

            En plus d’être arpenteur, Pennoyer est très actif. En 1794, il est chargé « de la sélection des requérants de terres à la Baie Missisquoi »[6]. En 1798 il présente au gouverneur Prescott un mémoire qu’il cosigne et coécrit[7]. Il est juge de paix pour le district de Montréal en 1797, et de Trois-Rivières en 1811[8]. Il doit en conséquence souvent se déplacer sur des routes la plupart du temps difficilement praticables. Malgré ces embûches, il ne se décourage pas et réussit même à prouver sa loyauté envers les autorités. En effet, en 1805 celles-ci décident de le nommer capitaine au sein de la milice des Cantons-de-l’est nouvellement constituée. Il est affecté au 5e bataillon de milice en 1808. Malgré avoir pensé se retirer de la vie militaire, il devient commandant de son bataillon en 1812 après le décès de son prédécesseur et cela à peine quelques mois avant le début de la guerre contre les États-Unis. Pendant celle-ci, il est chargé de surveiller 100 miles d’une frontière poreuse défendue par des miliciens plus soucieux de protéger leurs terres que de défendre les territoires de l’Empire britannique en Amérique du Nord. Nonobstant cela, il est promu major en 1813. Il se retire de la vie militaire en 1821.

Ses activités de pionnier

En ce qui concerne ses activités de pionnier, c’est le 31 août 1802 que lui et ses associés se font chacun octroyer 1200 acres de terrain au sein de ce qui devient alors le Canton de Compton. Il vend ses terres situées dans la seigneurie de Saint-Armand pour aller s’établir sur ses lots nouvellement acquis. À ce moment, son caractère déterminé se manifeste à nouveau. À partir de 1802, il est en effet à la base de plusieurs demandes d’ouverture de chemins et de routes de développement des Cantons-de-l’est[9]. De plus, il fait plusieurs réclamations en lien avec l’établissement de cours de justice, de bureaux d’enregistrement, et aussi avec la mise place d’un clergé protestant, trois éléments jugés essentiels au développement des Cantons-de-l’est[10]

La culture du chanvre et le premier moulin bâti en 1810 : les débuts formels de ce qui va devenir Waterville

            Tandis qu’il est à la fois arpenteur, juge de paix et officier de milice, Pennoyer défriche et cultive ses terres. En plus des cultures de base, il en vient à cultiver du chanvre suite aux encouragements des autorités et des publicités des commerçants. En 1810, il construit même un moulin pour transformer sa récolte. Ce moulin peut être considéré comme la première étape concrète pour ce qui devient Waterville en 1876. Mais pour ce qui est de son chanvre, Pennoyer désenchantera. En effet, sa récolte n’est pas d’assez bonne qualité et les marchands n’en veulent pas. Pourtant, la région où il s’est établi est supposé se prêter à cette culture[11].

            Comment expliquer qu’il échoue? Premièrement, sa charge de travail en dehors de sa ferme est trop grande pour qu’il puisse consacrer plus de temps au travail de ses terres : il cumulait jusqu’à cinq charges civiles pendant un certain temps (environ 1800 à 1810)[12]. Deuxièmement, comme on l’a vu auparavant, il est ramené à la vie militaire en 1805 pour remplir des charges exigeant des déplacements et beaucoup de préparation. Dans un troisième temps, il ne semble pas avoir pu bénéficier d’assez de main-d’œuvre pour l’aider à cultiver ses champs, ce qui était un problème dans une importante partie des Cantons-de-l’est. Quatrièmement, entre 1799 et 1810, Pennoyer et sa femme auront dix enfants, dont seulement six vont survivre. Pendant cette période, cet aspect de sa vie l’amène à s’occuper de dix enfants en bas âge pendant 11 ans, ce qui demande du temps, et de l’autre, ses enfants ne sont pas encore assez vieux pour l’aider aux champs.

            Donc, n’ayant que peu de temps et pas de main-d’œuvre, Pennoyer en est venu à échouer dans sa première tentative de cultiver et de vendre ses récoltes de chanvre. Mais sans le savoir, en établissant son moulin à l’endroit de ces torrents, Pennoyer avait fondé un hameau qui va peu de temps après porter son nom, Pennoyer’s Falls, qui devient Waterville en 1876. À sa mort en 1825, il est déjà reconnu comme un des pionniers du développement local.


[1] Carol Ramsden-Wood Holder, Pennoyer Family History. Ancestors and Descendants of Jesse Pennoyer (1760-1825) and his Wife Martha Ferguson (1784-1822), Calgary, Craftsman Printing & Graphics Ltd., 1985, p. 117 à 126, et partie II (p. 127 à 486).

[2] Il n’est pas clair si Jesse Pennoyer s’est enrôlé en 1777 ou avant. Officiellement, il s’est enrôlé en 1777, mais il semble avoir fait partie d’un régiment où les ré-enrôlements étaient fréquents. Ibid., p. 180-182.

[3] Ce dernier est d’abord engagé en 1788 par Thomas Dunn, gouverneur des territoires britanniques en Amérique du Nord, pour travailler à sa  seigneurie de Saint-Armand.

[4] Claude Boudreau, La cartographie au Québec, 1760-1840, Sainte-Foy, PUL, 1994, p. 70 (270 p.).

[5] Cet ordre en conseil énonçait des instructions précises sur le travail qui était demandé aux arpenteurs.

[6] Marie-Paule R. Labrecque, « Jesse Pennoyer », Dictionnaire biographique du Canada, Laval-Toronto, Université Laval et Université De Toronto, 1987, [En ligne], consulté le 13 décembre 2018,  http://www.biographi.ca/fr/bio/pennoyer_jesse_6F.html  

[7] Ce mémoire dénonce le processus d’octroi des lots ouverts à la colonisation, ce qui constitue pour l’époque une remise en question du système établi. Ramsden-Wood Holder, p. 94.

[8] Sa charge pour Montréal est reconduite en 1799 et 1810, celle pour Trois-Rivières en 1815 et 1821. Voir Labrecque, note 6.

[9] L’abbé Ivanhoë Caron n’est pas de l’avis de Bouchette (Description topographique du Canada, Londres, Imprimerie T. Davison, 1815, p. 370). Voir La colonisation de la Province de Québec : Les Cantons-de-l’est 1791-1815, Québec, L’action sociale, 1927, p. 183.

[10] Voir Labrecque, note 6.

[11] C.M. Day, History of the Eastern Townships, Province of Québec, Dominion of Canada, Civil and Descriptives. In Three Parts, Montréal, John Lovell, 1869, p. 114. Voir aussi Bouchette, p. 369.

[12] Almanach de Québec, Liste civile de la province du Bas-Canada, 1813.

La Conquête de l’Est

Par Jean-Pierre Kesteman

Comptant 19 000 habitants répartis dans 12 villes et villages, la municipalité régionale de comté de Coaticook tire son nom de son chef-lieu, fondé en 1864. La cohabitation des cultures anglo-protestante et canadienne-française caractérise la ville, comme la région. Normal : la MRC de Coaticook longe la frontière américaine, face aux États du Vermont et du New Hampshire.

Adossé à la partie supérieure des Appalaches, au pied des monts Barnston, Pinacle et Hereford, ce territoire descend par paliers, du sud au nord, dans l’Axe des vallées de la rivière Coaticook et de ses affluents, les rivières Moe et au Saumon. Couronnés de forêts, ses contours vallonnés offrent des terres d’une fertilité remarquable.

Depuis la colonisation, les ruptures de niveau ont favorisé l’utilisation de l’énergie hydraulique à des fins artisanales, industrielles, puis hydroélectriques. Le cours capricieux de la Coaticook a entraîné l’implantation des fermes et des villages sur les collines avoisinantes, ainsi que l’installation de barrages régulateurs à la frontière du Vermont.

Au début de la colonisation de la région, à la fin du XVIIIe siècle, le territoire de l’actuelle MRC couvrait les cantons de Barford, Barnston, Clifton, Compton, Hereford et une partie d’Auckland et de Stanstead. Ici, comme ailleurs dans les Cantons-de-l’Est, le peuplement s’est effectué par vagues successives, d’abord américaines et britanniques, puis canadiennes-françaises.

Attirées par les terres fertiles à bon marché, des familles de la Nouvelle-Angleterre s’installent les premières sur le territoire. La région a donc compté peu de loyalistes. Venus du Connecticut, du Massachusetts ou du New Hampshire, ces pionniers défrichent les terres fertiles de l’est de Stanstead et de l’ouest de Barnston et de Compton. Ils pénètrent par le sud-ouest, au départ de Stanstead, où aboutissent les routes américaines, ainsi que par le nord-ouest, en remontant depuis Lennoxville la Vallée de la rivière Coaticook. En 1830, on dénombre déjà 5000 habitants sur le territoire de la future MRC.

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Le Culte de la Diversité

par Monique Nadeau-Saumier

Les protestants américains et britanniques qui ont d’abord colonisé la région de Coaticook ont donné une teinte particulière à l’architecture religieuse de l’endroit. Le début du XIXe siècle a ainsi vu s’ériger de nombreuses églises rurales de confessions dites « évangéliques » : baptistes, méthodistes et congrégationalistes.

La simplicité architecturale de l'église baptiste de Barnston (1880) est caractéristique des meeting houses, qui servaient de lieu de culte et de rencontre pour la communauté.
La simplicité architecturale de l’église baptiste de Barnston (1880) est caractéristique des meeting houses, qui servaient de lieu de culte et de rencontre pour la communauté.

C’est à Barnston Corner, un hameau qui fait aujourd’hui partie de la ville de Coaticook que se trouve l’un des plus anciens et importants témoins du patrimoine religieux évangélique. Bâtie en 1837, l’Église baptiste de Barnston a obtenu la cote A, c’est-à-dire incontournable, dans l’Inventaire des lieux de culte du Québec. Architecture néoclassique, fenestration simple, intérieur dépouillé : il s’agit de la quintessence de la meeting house, un lieu de rassemblement modeste qui se distingue des premières maisons des colons américains par ses dimensions plus imposantes — et que les catholiques canadiens-français surnommaient « mitaine ». Depuis une dizaine d’années, le comité Héritage Barnston a pris en charge la restauration de cette église dont le décor intérieur en lambris de bois est resté intact. Même la grande baignoire où les fidèles étaient baptisés par immersion s’y trouve toujours.

Église universaliste d'Huntingville
Avec son fronton triangulaire et ses pilastres d’Angle, l’église universaliste d’Huntingville illustre le style néoclassique qui caractérise la plupart des églises de la Nouvelle-Angleterre, berceau de cette confession.

Également classée A, l’église d’Huntingville (dans l’actuelle Waterville) est la première église universaliste construite au Canada. La famille Hunting a participé activement à l’établissement de ce temple en offrant le terrain où cet édifice néoclassique sera érigé en 1845. Fermée au culte en 1951, l’église revit aujourd’hui grâce aux efforts d’un groupe de résidents de la région. Pour aider à couvrir les frais d’entretien, on y célèbre des mariages en plus d’y tenir des concerts et des activités saisonnières. Le site comprend aussi une école, un cimetière ainsi qu’un moulin et son barrage sur la rivière au Saumon. Ce noyau villageois, l’un des plus anciens des Cantons-de-l’Est, est préservé dans un état exceptionnel.

À Way’s Mills, l’église Church of the Epiphany illustre le symbolisme du vocabulaire architectural néogothique avec sa tour centrée en façade, dont l’élan vertical est accentué par des contreforts triangulaires. Dans une version vernaculaire, ce courant architectural caractérise de nombreuses églises anglicanes rurales dans les Cantons-de-l’Est. Construite grâce à une généreuse contribution de l’évêque anglican de Québec, l’église Church of the Epiphany a été inaugurée en décembre 1888. Le Conseil du patrimoine religieux du Québec a récemment accordé une importante subvention à un groupe de résidents de la communauté, d’origines et de confessions diverses, qui a pris en main sa restauration.

L’église anglicane de Way’s Mills fait face à l’église multiconfessionnelle Way’s Mills Union. Érigée en 1881, cette dernière regroupe diverses confessions évangéliques. Situés dans un site enchanteur, ces lieux de culte sont associés aux deux plus importantes confessions protestantes fondatrices des Cantons-de-l’Est.

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Le repos d’un soldat de la Révolution américaine

par Diane Lauzon-Rioux

Le cimetière Old Hall Stream, situé sur la Route 253 à East Hereford, a retrouvé son lustre à la fin des années 1950. De nombreux bénévoles américains et canadiens ont littéralement déterré un grand nombre de pierres enfouies dans le sol à travers les broussailles et assuré, par la suite, sa pérennité grâce à un fonds de dotation. Parmi ces bénévoles, nul autre que Neil Tillotson dont les arrière-grands-parents, Mary Titus et David Hodge, y sont inhumés. Mary Titus, une Abénaki, élevée sur Titus Hill à Colebrook NH, nous rappelle le passage des Amérindiens dans notre région. Il y a toutefois une autre pierre qui retient notre attention.

Comme une sentinelle qui veille dans la première rangée du cimetière, se trouve une pierre de ton verdâtre au nom d’Ezekiel Flanders, natif du New Hampshire, 1761-1846. Qu’y a-t-il de si particulier à cette pierre? C’est le lot d’un vétéran de la Révolution américaine. Particulier puisqu’elle est entourée de pierres dont les dates remontent du milieu des années 1800 jusqu’au milieu des années 1900.

Ezekiel Flanders a servi dans plusieurs régiments, dont ceux de Saratoga et de West Point. Sergent, il a été relevé de ses fonctions par le Général Washington en 1783 peu avant le Traité de Paris, lequel reconnaissait les États-Unis, nation libre et indépendante. Il servit à nouveau quelque temps et quitta définitivement l’armée en 1784. Il est venu s’établir dans le Canton d’Hereford avec sa conjointe Betsy et leur fils Francis vers 1813. On retrouve cette date dans les registres lorsqu’il a fait sa demande de pension américaine à l’âge de 72 ans! Pourquoi à cet âge? Avait-il des doutes sur la capacité du nouveau gouvernement américain de donner suite à sa demande?

Toujours est-il qu’il donna à Hiram Wells, un résidant du canton, cinquante acres dans le rang 4 afin que ce dernier lui fournisse le nécessaire pour ses vieux jours : bois de chauffage, petit jardin et autres commodités. C’était un geste courant à cette époque.

Enfin, le Canton de Hereford, terre de la couronne britannique, sera devenu dernier repos d’un soldat de la révolution américaine.

Le cimetière Gould

par Géraldine Stringer

C’est par le chemin Corey à Kingscroft qu’on accède au cimetière Gould. Cimetière protestant ouvert vers 1811, il desservait les familles pionnières qui s’étaient installées tant au village qu’aux alentours de King’ s Corner.

C’est un morceau de terrain rectangulaire et légèrement vallonné. Borné par le chemin Corey au sud, les côtés ouest et nord sont adjacents à des arbres matures alors que la limite est longe une prairie. Le lot appartenait à l’origine à la famille Gould et bon nombre de ses membres y sont enterrés.

Dès 1806, John, David et William Gould achètent des mandataires terriens Lester & Morrogh plusieurs acres de terre à proximité de King’s Corner. La terre de William Gould a éventuellement été saisie pour être vendue par le shérif pour cause de non- paiement du prix d’achat. C’est George Barnard dont la fille Eliza a été inhumée dans le cimetière au mois de février 1811, qui a racheté le terrain.

La famille Norton, arrive en 1803 de Newhaven au Vermont et acquiert de larges terres. Issachar Norton, sénior, a eu 10 enfants et la plupart se sont installés à King’s Corner devenant ainsi, une importante famille terrienne. Shadrack Norton et sa femme ont été enterrés dans le cimetière en 1858. Ce sont les grands-parents d’Arthur Osmore Norton. On se souviendra que ce dernier est devenu ce riche industriel qui parti de notre région s’est installé à Brookline, près de Boston au Massachusetts. La résidence d’été de la famille Norton, érigée en 1912 le long de la rue de l’Union à Coaticook est aujourd’hui le musée Beaulne.

La famille Sutton s’est implantée à King’s Corner en 1805, en provenance du Vermont. Philpot Sutton vint d’Angleterre au New Hampshire, puis au Vermont avant d’installer sa famille dans le canton de Barnston. Ce cultivateur encouragea ses fils à acheter des terres et à cultiver. La pierre tombale familiale indique la date de décembre 1813 pour Philpot Sutton et de mars 1847 comme date de décès de sa femme. On sait que John Sutton, l’ainé de Philpot était né en Angleterre en 1792 avant que la famille émigre en Amérique. Il est devenu diacre (deacon) de l’église Baptiste et un membre fondateur de la congrégation baptiste de Barnston’s Corner. Les descendants de la famille Sutton sont encore actifs tant à Kingscroft qu’à Way’s Mills.

La famille Bishop acheta un lot de Lester & Morrogh en 1806. James Bishop a été enterré en 1831 dans le cimetière Gould. Sa femme l’a suivi en 1863 et tout au long du 19e siècle, on peut relever les noms des membres de la famille qui y furent enterrés. Quant à la famille Pope, elle s’est établie dans la première moitié du siècle alors que Marshall Pope arriva d’Albany, Vermont en 1826. Il acheta la terre au sud du hameau, sur laquelle était déjà construite une taverne, fort probablement nommée « La taverne à Norton ». C’est Alonzo Pope qui devint l’aubergiste de la place.

D’autres monuments familiaux témoignent de l’importance du cimetière Gould et de Kingscroft. La famille LeBarron est arrivée en 1825 alors que la famille Morrison, représentée par Samuel et John s’est établie vers 1823 à peu près en même temps que la famille Heath. D’ailleurs ces deux familles ont vu plusieurs de leurs enfants s’entremarier.

Le cimetière est aujourd’hui sous la responsabilité du « Barnston Heritage Cemetery Association » et d’un descendant de la famille Sutton. C’est un endroit agréable pour s’y promener, profiter des couleurs de l’automne et toucher ces vieilles pierres qui portent le message des familles pionnières qui ont colonisé ce coin du canton de Barnston, qui est aujourd’hui une partie de la municipalité de Barnston-Ouest.