Église St. James The Less, un des emblèmes de Compton

© Conseil du patrimoine religieux du Québec
© Conseil du patrimoine religieux du Québec

L’Église St James est à l’histoire de Compton, ce qu’est la cathédrale Notre-Dame à l’histoire de Paris. Tous deux sont des éléments patrimoniaux indissociables à la culture locale et nécessaires à la commémoration des traditions régionales.

Dans cette municipalité, aujourd’hui majoritairement francophone, on oublie trop facilement que c’est par une communauté anglicane que Compton fut fondée. En effet, ce sont d’abord les anglophones qui colonisent la région. Puis, qui lui donneront l’essor économique attirant les familles francophones qui y résident maintenant.

Cette marque du temps est un « souvenir du progrès de [la région]. L’avenir est un grand vide et le présent, une réalité fugace qui glisse immédiatement dans le passé. Notre patrimoine est tout ce que nous savons de nous-mêmes ; ce que nous en préservons en est la seule marque. [… Sa] conservation est un engagement non pas envers le passé, mais envers l’avenir. » L’Église St. James est une des dernières traces des premières années de Compton, un des derniers emblèmes qui permettra aux nouvelles et aux futures générations de connaitre les pionniers qui les ont précédées. Les hommes et les femmes qui ont, chacun à leur façon, formé le monde dans lequel ils vivent aujourd’hui et vivront demain.

Lire la suite de « Église St. James The Less, un des emblèmes de Compton »

Gare Pittoresque

Gare à rotonde de Coaticook
Gare à rotonde de Coaticook

Bâtie en 1904 et citée immeuble patrimonial par la Ville en 1999, la vieille gare de Coaticook est un édifice en bois de plan rectangulaire à deux étages avec une extrémité arrondie. Sa toiture aux pentes multiples déborde des murs pour protéger les voyageurs. Ce bâtiment compte parmi les gares d’un nouveau genre apparues au tournant du XXe siècle, alors que la compagnie ferroviaire du Grand Tronc modifie considérablement l’architecture de ses édifices. Avec ses oriels, son porche à toit conique et son ornementation variée, la vieille gare de Coaticook constitue un exemple achevé de l’utilisation des principes pittoresques dans l’architecture des gares. Depuis 2010, elle héberge les bureaux d’une entreprise de gestion de projets agricoles et agroalimentaires.


Article tiré de la revue, Patrimoine en action.

Du bois et du style

Construite vers 1852, la maison Cutting de Coaticook est ornée d’une dentelle de bois sculpté le long de sa toiture et sur ses pilastres d’angle.
Construite vers 1852, la maison Cutting de Coaticook est ornée d’une dentelle de bois sculpté le long de sa toiture et sur ses pilastres d’angle.

Influencés par les techniques qui avaient cours en Nouvelle-Angleterre, les bâtiments de la MRC de Coaticook ont aussi tiré profit d’une richesse locale : le bois. Aux côtés de cette architecture vernaculaire se démarquent des résidences reflétant la fortune et le goût de l’élite politique et financière.

Pas besoin de sillonner plusieurs rues et rangs pour constater que la majorité des maisons, granges et églises protestantes de la région sont presque 100 % bois. Les nombreux moulins à scie installés un peu partout dans les Cantons-de-l’Est au moment de la colonisation facilitaient l’accès aux planches et, par extension, la construction des divers bâtiments. Le bois a servi pour leur charpente, mais aussi pour leur recouvrement, dont le plus commun est la planche à clin, parfois appelée planche à déclin ou clapboard. Relativement étroites, ces planches de bois sont disposées à l’horizontale, de sorte que le haut de la planche inférieure est recouvert par le bas de la planche supérieure. Appliquée sur une ossature de poutres et de piliers de bois, cette technique rendait l’ensemble rigide et contreventé.

Après 1860, l’industrialisation du sciage de bois de construction a favorisé la charpente à claire-voie (dite balloon frame), plus simple et moins coûteuse : les éléments étaient fabriqués en série par une main-d’œuvre non spécialisée. Après s’être développé aux États-Unis dans la première partie du XIXe siècle, ce type de charpente s’est imposé dans la MRC de Coaticook dès le milieu du siècle.

Ici comme ailleurs, dans la seconde moitié du XXe siècle, plusieurs façades ont été recouvertes de revêtements en aluminium ou en PVC. Néanmoins, les villages et les quartiers des villes ont généralement conservé une assez grande homogénéité architecturale.

Résidences d’exception
Les rues de Coaticook comptent quelques bâtiments exceptionnels qui témoignent des goûts et de la richesse de l’élite financière et politique.

Parmi eux, la maison Cutting (40, rue Gérin-Lajoie, à Coaticook). Construite vers 1852, elle a d’abord appartenu aux Cutting, puis à la famille Gérin, qui en a pris possession en 1899 et l’habite encore. Avec son ornementation extravagante des rives du toit, ses pilastres d’angle au décor ouvragé et sa balustrade sur pilastres surplombant l’entrée principale, elle se fait remarquer. La dentelle de bois témoigne de la maîtrise du menuisier et illustre l’influence du courant pittoresque.

Flanquée d’élégantes colonnes d’influence ionique et dorique qui s’élancent vers le ciel, la façade de la maison Thompson-Sheard (50, rue de l’Union, à Coaticook) se démarque par son imposant fronton. Les impostes et les fenêtres latérales surmontées d’un arc surbaissé contribuent à la monumentalité de cet édifice bâti en 1853 pour le capitaine James Thompson, premier douanier à Coaticook. Des politiciens et hommes d’affaires (Charles Lovell, Guy Tillotson, Henri Gérin, George Sheard) ont également habité cette demeure.

Le château Arthur-Osmore-Norton (96, rue de l’Union, à Coaticook), érigé en 1912, témoigne de plusieurs influences architecturales, dont les plus évidentes sont le style néo-Queen Anne et le Shingle style. Fréquent dans l’architecture de villégiature de l’époque, cet éclectisme évoque la réussite du premier propriétaire du château, un industriel qui a fait fortune en produisant et en commercialisant un cric à roulement à billes pour les locomotives. Une fenestration abondante découpe la masse imposante du bâtiment, alors que les cheminées de pierre jouent de contraste avec le recouvrement de bois.

Beaucoup d’autres résidences d’exception émaillent les rues de la MRC de Coaticook. On peut partir à leur recherche et mieux les connaître grâce aux six Circuits découverte de la MRC.


Article tiré de la revue, Patrimoine en action.

Une fête champêtre au cœur d’un jardin secret

L’église anglicane de l’Épiphanie, construite il y a près de 125 ans, est un joyau de l’architecture néo- gothique en bois. Sa présence marque le village de Way’s Mills, un des deux hameaux de la municipalité de Barnston-Ouest.

L’église est aujourd’hui orpheline. Le bâtiment est dans un état déplorable et nécessite des travaux importants. Le Ministère de la Culture et des Communications a approuvé un financement de 150 000 $ à travers le Fonds du Patrimoine religieux du Québec à la condition expresse que la communauté contribue pour 30% des coûts des travaux. C’est donc 65 000$ que le milieu doit trouver.

La fête champêtre du 2 juin prochain sera un des événements pour recueillir des dons. Vous êtes cordialement invités à vous joindre à nous pour vivre un moment magique et pour découvrir un jardin secret aménagé autour d’un rare témoin de l’histoire des Cantons-de-l’Est, une grange ronde. Des musiciens, des œuvres d’art et des bouchées gourmandes accompagneront votre douce flânerie.

Pour réserver votre place, faites parvenir un chèque au montant de 100$ par personne à l’ordre de « Church of the Epiphany » à l’adresse suivante :

Vestry of the Church of the Epiphany
745, chemin Hunter
Ayer’s Cliff (Québec)
J0B 1C0, Canada

Sur réception de votre contribution, nous nous empresserons de vous faire parvenir un reçu pour fins de charité, un billet d’entrée et les directions routières pour trouver notre jardin « secret ».

Pour plus d’informations veuillez contacter Somen Goodman : someng@xittel.ca ou 819 838-5239

L’avenir de l’église St-James

Par Jean-Marc Lachance

Jean-Marc Lachance est membre du comité de sauvegarde de l'église St. James de Compton et membre du comité sur le patrimoine religieux de la TCCC. Photo: Vincent Cliche
Jean-Marc Lachance est membre du comité de sauvegarde de l’église St. James de Compton et membre du comité sur le patrimoine religieux de la TCCC. Photo: Vincent Cliche

L’église anglicane St-James-the-Less de Compton fut érigée en 1886 -1887. L’emplacement de l’église St. James, son cimetière ainsi que le King’s Hall rappellent l’îlot anglophone que l’on retrouvait dans les débuts de la municipalité.

Les paroissiens de l’église St. James souhaitent établir un nouveau partenariat avec le milieu comptonois, n’étant plus en mesure d’assumer seuls la sauvegarde de leur patrimoine. Depuis l’été dernier, diverses personnes se sont mobilisées pour prendre connaissance de la situation, apprécier l’état des lieux et établir un plan de travail.

Grâce à une subvention du Fond d’urgence pour le patrimoine religieux de la MRC de Coaticook, les paroissiens de l’églises St. James pourront entreprendre prochainement une réparation devenue incontournable au toit de l’édifice et la démolition de la cheminée de pierre située du côté nord, Ces travaux n’ont qu’un seul objectif, éviter une détérioration plus grande de l’édifice patrimonial.

La prochaine étape consiste maintenant à définir une nouvelle vocation pour le bâtiment qu’est l’église St. James. Il nous semble que cette dernière devrait d’abord être conciliable avec sa vocation antérieure, qu’elle puisse répondre à divers besoins, mais surtout que ce nouvel équipement soit un « plus » pour Compton.

Le comité sur l’Avenir de l’église St. James tiendra une rencontre publique d’informations afin de partager le fruit de ses réflexions, mais surtout connaitre l’opinion de la population et des personnes intéressés par la sauvegarde de ce patrimoine.

La rencontre aura lieu le 5 juin prochain à 19h au Centre communautaire de Compton.

Coup d’œil sur la région

La MRC de Coaticook est riche de bâtiments et de lieux de mémoire religieux.

La MRC compte 34 églises réparties dans ses 12 municipalités. Nous retrouvons de nombreuses confessions religieuses différentes parmi ces églises : 16 catholiques, 7 anglicanes et 4 baptistes, alors que d’autres sont unies, adventistes, méthodistes, multiconfessionnelles ou universalistes. Près d’une dizaine des ces églises ne sont plus en fonction aujourd’hui, et ont été converties en résidence, centre culturel, musée ou autres.

Un inventaire, réalisé par la MRC en 2011, répertorie quant à lui, 85 cimetières. De ce nombre, 16 sont d’appartenance catholique, reliés à une église, une quarantaine d’entre eux sont d’appartenance anglicane, protestante ou multiconfessionnelle, et plus d’une vingtaine sont des cimetières familiaux.
typologies ont également été répertoriées sur le territoire.

Pour plus d’informations : www.lieuxdeculte.qc.cawww.mrcdecoaticook.qc.ca/fr/culture-loisir/

Un projet de taille pour l’église baptiste de Barnston

Cette église fut construite en 1837. Lors de l’inventaire effectué par le Conseil du Patrimoine Religieux du Québec en 2003-2004, l’église a reçu la cote d’évaluation A- Incontournable. Elle fut citée monument historique par la Ville de Coaticook en 2004.

Le comité Héritage Barnston fut formé en 2003 afin de veiller à sa préservation. Il a pour but la sauvegarde de l’église Baptiste ainsi que du hameau de Barnston. Le comité voit donc aux demandes de subventions et à la mise en œuvre de la restauration de l’église en partenariat avec le Conseil du Patrimoine religieux du Québec et de la M.R.C. de Coaticook (Pacte rural).

Dans le cadre de la phase 1 de la restauration, de nouvelles fondations ont été réalisées et les pierres d’origine ont été réinstallées. La phase 2, réalisée sous peu., comprendra la restauration des portes et fenêtres. La phase 3 consistera en la réfection de la toiture et du déclin extérieur.