Église St. James The Less, un des emblèmes de Compton

© Conseil du patrimoine religieux du Québec
© Conseil du patrimoine religieux du Québec

L’Église St James est à l’histoire de Compton, ce qu’est la cathédrale Notre-Dame à l’histoire de Paris. Tous deux sont des éléments patrimoniaux indissociables à la culture locale et nécessaires à la commémoration des traditions régionales.

Dans cette municipalité, aujourd’hui majoritairement francophone, on oublie trop facilement que c’est par une communauté anglicane que Compton fut fondée. En effet, ce sont d’abord les anglophones qui colonisent la région. Puis, qui lui donneront l’essor économique attirant les familles francophones qui y résident maintenant.

Cette marque du temps est un « souvenir du progrès de [la région]. L’avenir est un grand vide et le présent, une réalité fugace qui glisse immédiatement dans le passé. Notre patrimoine est tout ce que nous savons de nous-mêmes ; ce que nous en préservons en est la seule marque. [… Sa] conservation est un engagement non pas envers le passé, mais envers l’avenir. » L’Église St. James est une des dernières traces des premières années de Compton, un des derniers emblèmes qui permettra aux nouvelles et aux futures générations de connaitre les pionniers qui les ont précédées. Les hommes et les femmes qui ont, chacun à leur façon, formé le monde dans lequel ils vivent aujourd’hui et vivront demain.

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La Conquête de l’Est

Par Jean-Pierre Kesteman

Comptant 19 000 habitants répartis dans 12 villes et villages, la municipalité régionale de comté de Coaticook tire son nom de son chef-lieu, fondé en 1864. La cohabitation des cultures anglo-protestante et canadienne-française caractérise la ville, comme la région. Normal : la MRC de Coaticook longe la frontière américaine, face aux États du Vermont et du New Hampshire.

Adossé à la partie supérieure des Appalaches, au pied des monts Barnston, Pinacle et Hereford, ce territoire descend par paliers, du sud au nord, dans l’Axe des vallées de la rivière Coaticook et de ses affluents, les rivières Moe et au Saumon. Couronnés de forêts, ses contours vallonnés offrent des terres d’une fertilité remarquable.

Depuis la colonisation, les ruptures de niveau ont favorisé l’utilisation de l’énergie hydraulique à des fins artisanales, industrielles, puis hydroélectriques. Le cours capricieux de la Coaticook a entraîné l’implantation des fermes et des villages sur les collines avoisinantes, ainsi que l’installation de barrages régulateurs à la frontière du Vermont.

Au début de la colonisation de la région, à la fin du XVIIIe siècle, le territoire de l’actuelle MRC couvrait les cantons de Barford, Barnston, Clifton, Compton, Hereford et une partie d’Auckland et de Stanstead. Ici, comme ailleurs dans les Cantons-de-l’Est, le peuplement s’est effectué par vagues successives, d’abord américaines et britanniques, puis canadiennes-françaises.

Attirées par les terres fertiles à bon marché, des familles de la Nouvelle-Angleterre s’installent les premières sur le territoire. La région a donc compté peu de loyalistes. Venus du Connecticut, du Massachusetts ou du New Hampshire, ces pionniers défrichent les terres fertiles de l’est de Stanstead et de l’ouest de Barnston et de Compton. Ils pénètrent par le sud-ouest, au départ de Stanstead, où aboutissent les routes américaines, ainsi que par le nord-ouest, en remontant depuis Lennoxville la Vallée de la rivière Coaticook. En 1830, on dénombre déjà 5000 habitants sur le territoire de la future MRC.

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L’avenir de l’église St-James

Par Jean-Marc Lachance

Jean-Marc Lachance est membre du comité de sauvegarde de l'église St. James de Compton et membre du comité sur le patrimoine religieux de la TCCC. Photo: Vincent Cliche
Jean-Marc Lachance est membre du comité de sauvegarde de l’église St. James de Compton et membre du comité sur le patrimoine religieux de la TCCC. Photo: Vincent Cliche

L’église anglicane St-James-the-Less de Compton fut érigée en 1886 -1887. L’emplacement de l’église St. James, son cimetière ainsi que le King’s Hall rappellent l’îlot anglophone que l’on retrouvait dans les débuts de la municipalité.

Les paroissiens de l’église St. James souhaitent établir un nouveau partenariat avec le milieu comptonois, n’étant plus en mesure d’assumer seuls la sauvegarde de leur patrimoine. Depuis l’été dernier, diverses personnes se sont mobilisées pour prendre connaissance de la situation, apprécier l’état des lieux et établir un plan de travail.

Grâce à une subvention du Fond d’urgence pour le patrimoine religieux de la MRC de Coaticook, les paroissiens de l’églises St. James pourront entreprendre prochainement une réparation devenue incontournable au toit de l’édifice et la démolition de la cheminée de pierre située du côté nord, Ces travaux n’ont qu’un seul objectif, éviter une détérioration plus grande de l’édifice patrimonial.

La prochaine étape consiste maintenant à définir une nouvelle vocation pour le bâtiment qu’est l’église St. James. Il nous semble que cette dernière devrait d’abord être conciliable avec sa vocation antérieure, qu’elle puisse répondre à divers besoins, mais surtout que ce nouvel équipement soit un « plus » pour Compton.

Le comité sur l’Avenir de l’église St. James tiendra une rencontre publique d’informations afin de partager le fruit de ses réflexions, mais surtout connaitre l’opinion de la population et des personnes intéressés par la sauvegarde de ce patrimoine.

La rencontre aura lieu le 5 juin prochain à 19h au Centre communautaire de Compton.

Des visites de cimetières à Compton

Les deux tournées des cimetières organisées cette année par la Société d’histoire de Compton Historical Society ont permis à plus d’une quarantaine de personnes de découvrir des lieux uniques par leur emplacement et de faire connaissance avec les familles qui depuis plus de 200 ans, ont habité Compton.

Chacun des quinze cimetières et lieux de sépultures connus possède sa propre histoire et garde précieusement certains éléments de notre mémoire collective.

Ces tournées ont permis aux participantes et aux participants de se familiariser avec la symbolique funéraire utilisée par les diverses confessions religieuses, avec les formes et les matériaux des monuments, d’apprécier la richesse du patrimoine que constituent les 10 cimetières encore existants. Aurons-nous d’autres occasions de nous aventurer dans ces lieux généralement peu fréquentés? Peut-être.

Compton a un patrimoine précieux qu’il nous faut découvrir et partager.